geraud devant l'avalanche

Le 25 Févier 2012 entre midi et midi et demi, j’ai été pris dans une avalanche vers 1300m d’altitude sous le chemin de fer du Montenvers, en descendant de la vallée blanche. J’ai été sorti rapidement et l’incident n’a fait aucune victime mais je voudrais tout de même reprendre ce qui s’est passé pour en tirer les conséquences et faire en sorte que cette expérience profite au plus grand nombre. Je vais donc essayer de décrire les faits aussi précisément que je peux, puis d’analyser ce qui s’est bien passé, ce qui s’est moins bien passé et les enseignements qu’il faut tirer de cette histoire.

La descente

Nous sommes partis à 4 (Géraud, Jon, Michka et moi) vers 9h15 du pied du téléphérique de l’Aiguille du Midi. Je n’avais encore jamais fait la Vallée Blanche, Géraud connaissait l’endroit et compte tenu de notre expérience de la montagne et du ski de rando en particulier, nous sommes partis en autonomie.

Les conditions nivologiques étaient relativement bonne en altitude et un peu moins en dessous de 2000m : risque d’avalanche de 2/5 en haute montagne, bon regel nocturne, pas de risque de plaques annoncées, les dernières chutes de neige dataient de plus d’une semaine et le vent n’avait pas trop soufflé. Plus bas, en revanche, il avait fait très chaud au point qu’il n’y avait par endroit pas eu de regel nocturne. Le risque en dessous de 2000m était estimé à 3/5 en raison du redoux avec un risque d’avalanches dites « de printemps », composées de neige compacte et humide, lourde, glissant relativement lentement — à la vitesse d’un bon skieur.

Pour rappel sur les risques d’avalanche, 2/5 signifie que l’on ne doit à priori pas attendre de départ spontanés, les déclenchements se faisant en général par forte surcharge ou dans des zones identifiables facilement. À 3/5 on commence à voir des départs spontanés ou par faible surcharge.

Nous avions tous notre matériel avalanche, comme d’habitude en hors-piste ou en rando : ARVA, pelle, sonde, ainsi que 2 piolets pour le glacier (pris pour accéder au glacier depuis la gare du téléphérique, nous n’en avons pas eu besoin).

Nous sommes donc partis du sommet de l’Aiguille du Midi vers 10h, en descendant directement la vallée blanche sans faire le tour du Gros Rognon. La météo était bonne, temps frais mais loin d’être glacial, pas de vent, avec de bons passage nuageux. L’Aiguille du Midi était dégagée mais la Dent du Géant, le Mont Blanc et l’Aiguille Verte étaient pris dans les nuages.

La descente du glacier s’est bien passée, nous avons skié à distance en s’arrêtant régulièrement et en regardant bien, en suivant les itinéraires classiques. Les séracs du Géant, le glacier du Tacul puis la Mer de Glace, nous arrivons au bout de l’itinéraire glaciaire qui se termine par une remontée skis sur le sac sur environ 200m pour rejoindre le versant orienté Nord-Ouest qui surmonte Chamonix. L’itinéraire fait une grande traversée Sud-Ouest à flanc de montagne dans la forêt, il est noté « Sortie Vallée Blanche » sur la carte. Une buvette se tient à l’endroit où l’on peut rechausser les skis, beaucoup de gens s’arrêtent là un moment avant de finir la descente.

L’avalanche

Skis aux pieds, nous repartons. Il est environ midi et la neige est ici un peu lourde, elle le sera beaucoup plus 400 mètres plus bas. Malgré l’orientation de ce versant (NO donc faible exposition au soleil d’autant plus qu’il était encore relativement tôt), il semble ne pas y avoir eu de regel nocturne.

La neige est très travaillée par le passage des skieurs, des alternances de champs de bosses et de chemins forestiers en traversée. C’est très ludique à descendre, on se surveille pour ne pas trop se disperser mais on ne s’arrête pas autant que sur le glacier. L’attention est retombée : la buvette donnait un air de station, les gens enlevaient des couches de vêtements ou se mettaient de la crème. Dans nos têtes, on a clairement changé d’environnement. On envisage de retourner au téléphérique faire une deuxième montée.

On passe une zone de bosses et épingles assez serrées. Il y a du monde, nous skions intercalés avec d’autres groupes. Géraud et Michka sont devant, je les suis de quelques dizaines de mètres et Jon est juste derrière moi.

Le chemin repart en traversée, on arrive sur un talweg. Nous sommes toujours en forêt, sur un chemin qui forme un replat à flanc de montagne. D’un coup, devant moi, je vois un nuage de neige qui descend. C’est gros, un ou deux mètres de hauteur, c’est agité, ça va vite. Une avalanche.

Je m’arrête net en dérapant, je me retrouve les skis pointant vers l’aval, debout sur le replat que forme le chemin. J’ai juste le temps de me dire « ouf, je me suis arrêté à temps » et le ciel me tombe sur la tête dans un bruit indescriptible. Je me fais mettre à terre, je sens que la neige appuie de plus en plus au dessus de moi, qu’elle va me recouvrir complètement.

Je me dis que c’est pas possible, je fais un mouvement pour me relever et là, la neige se fige. J’ai pu me faire un peu d’espace, j’ai même la tête à moitié en dehors mais impossible de faire le moindre mouvement. J’ai peut-être 30 centimètres de neige au dessus de moi mais je ne peux pas bouger. J’avais déjà entendu dire via d’autres récits d’avalanche que même avec peu de neige au dessus de soi on ne pouvait pas se dégager, une fois l’avalanche arrêtée il est impossible de faire le moindre mouvement. Il faut le voir pour réaliser à quel point c’est vrai. Là, j’ai la tête en dehors, je suis dans la neige et je suis bloqué. Je suis tourné vers l’aval, je ne peux pas voir le chemin d’où je viens.

Je crie, j’appelle Jon. Il me répond, il s’est arrêté avant moi et n’a pas été couvert. Je lui dis de sortir sa pelle, de venir me chercher. Il me dit qu’il va faire attention, il pourrait y avoir une deuxième avalanche. Ça doit encore couler un peu. Il enlève ses skis et son sac, vient vers moi et essaie de me dégager. Il me dégage un peu la tête avec ses mains et se rend vite compte qu’il va avoir besoin de sa pelle. Il retourne vers son sac, pendant ce temps je lui demande où est Géraud. Il ne sait pas, visiblement personne d’autre n’a été pris dans l’avalanche mais Géraud n’est pas en vue. Dans ma tête Michka était derrière.

Jon revient avec sa pelle, très vite aidé par deux italiens qui étaient juste derrière nous. Il a du se passer une ou deux minutes depuis que je suis sous la neige mais ça me semble déjà une éternité. Je suis rapidement dégagé. J’enlève mon sac et le ski qu’il me restait au pied droit. Mes skis de randonnée n’ayant pas de stop skis, ils étaient mousquetonnés à mes chaussures. Pour se donner une idée de la violence du choc, mon ski gauche a été arraché par l’avalanche et le câble métallique qui le reliait à ma chaussure a été sectionné.

À cet endroit, le replat que formait le chemin se terminait. Là où je me suis arrêté l’avalanche m’a mis à terre, un mètre plus loin elle m’emportait dans son élan et me trainait sur 200 ou 300 mètres. Mon ski gauche était le plus engagé et il est parti avec la coulée. En passant une seconde plus tôt, je n’aurai probablement pas vu l’avalanche et je la prenais de de plein fouet en traversant le couloir.

Je me mets en retrait de la zone d’avalanche et vérifie que je n’ai rien de cassé. La cuisse gauche me fait un peu mal mais j’arrive à marcher. Deux personnes qui ont passé le couloir juste avant l’avalanche se sont arrêtées de l’autre côté. On arrive à prendre contact avec Géraud et Michka, ils sont plus bas et sont passés sans avoir rien remarqué. Ils se mettent en route pour remonter nous rejoindre.

Je retourne dans le couloir avec mon ARVA en mode réception pour vérifier qu’il n’y a personne d’autre. Des gens commencent à s’accumuler, il doit y avoir une dizaine de personnes arrêtées avant de franchir le couloir. Les signaux que je capte sont ceux du groupe à 20 mètres de moi, pas de signal plus proche dans le couloir. Personne ne semble avoir perdu quelqu’un, ni les deux personne qui sont passées avant moi ni Jon n’ont vu d’autre personne se faire emporter. Un des italiens est descendu de quelques mètres pour regarder la coulée et voir si quelque chose dépasse, rien.

L’incident est clos, Jon et les deux italiens s’étaient mis à chercher mon ski manquant pendant que je passais dans le couloir avec mon ARVA. Je reviens, une personne me demande ce qui se passe. J’explique qu’il y a eu une avalanche, que j’étais dessous et que je viens d’en sortir. Il est tout étonné, et me répond qu’il pensait que la zone où nous étions « était sécurisée ». Non, on est en hors-piste, ce n’est pas parce qu’il y a un téléphérique et une buvette que la zone ne présente pas de dangers.

Un autre groupe me demande ce qui se passe. J’explique de nouveau, et leur commentaire : « heureusement que vous avez le matériel ! ». Je leur dis peut-être un peu sèchement que c’est normal, ça devrait être le cas pour tout le monde. En espérant que c’était le cas pour eux, ou que ça le sera lors de leur prochaine sortie.

La deuxième avalanche

Pendant que nous continuons de chercher mon ski manquant, les groupes qui s’accumulent se mettent à vouloir passer. Il doit y avoir une quinzaine de personnes sur les lieux. 6 à 8 personnes sont en train de traverser le couloir qui fait entre 20 et 30 mètres de large. La plupart sont à pied, skis ou surf à la main. Et d’un coup Jon crie « ça coule, ça coule ! Dégagez ! ». Une deuxième coulée est en train de descendre. Elle me semble moins grosse que la première, une vraie coulée de fonte : une dizaine de mètres de large, pas très rapide. Les personnes qui étaient engagées font demi-tour, sauf une surfeuse qui était en tête, environ au tiers de la traversée et qui essaie de rejoindre l’autre côté. La pente est raide et dure, la surfeuse trébuche et se met à glisser. On la voit partir, glisser vers le bas et se faire rattraper par l’avalanche. Tous les autres sont à l’abri, et nous regardons tous cette personne se faire traîner par l’avalanche. La neige est dense et la surfeuse reste en surface, elle se fait déporter sur le bord mais continue de descendre. C’est interminable, je dis à tout le monde de garder les yeux sur elle. Pendant ce temps Jon appelle le 112, la base hélico des secours de chamonix est juste en dessous de nous.

L’avalanche finit par s’arrêter, miraculeusement la fille est restée en surface et s’est dégagée par ses propres moyens. Elle doit être à 300 mètres de nous. Elle se met sur le côté, des personnes prennent contact par téléphone avec elle et elle dit ne pas avoir été blessée. Un des guides qui étaient là reprend la conversation avec les secours, il semble que nous n’allons pas en avoir besoin cette fois.

L’avalanche stoppée, tout le monde passe le couloir en regardant attentivement le haut. Une fois passé le couloir, nous avons une meilleure vue sur le bas de l’avalanche et la surfeuse. Géraud et Michka arrivent à ce moment, remontés skis sur le sac. On leur explique l’histoire de la deuxième coulée.

Nous restons là un moment, puis tout le monde se disperse jusqu’à ce qu’il ne reste plus que nous 4. Nous ne savons pas trop si la surfeuse va être rejointe, nous décidons que Géraud et Jon descendent dans la forêt à côté de l’avalanche pour retrouver la surfeuse et voir s’ils arrivent à trouver mon ski manquant pendant que Michka et moi descendons par la route normale. Nous restons en haut à observer la descente de Géraud et Jon. Pendant qu’ils entament la descente, un skieur rejoint la surfeuse et ils prennent la direction de Chamonix.

Géraud et Jon passent avec leur ARVA en mode réception le long de l’avalanche pour vérifier que nous n’avons vraiment oublié personne, retrouvent la planche de surf que la personne avait perdu ainsi que mon ski qui était descendu quasiment tout en bas.

Entretemps, j’avais remarqué qu’un tramway stationnait sous le pare-avalanche sur la voie ferrée 200 mètres au dessus de nous. Je pensais qu’il s’était arrêté à cause de l’avalanche. En fait, nous avons aperçu des gerbes de neiges qui partaient de la voie ferrée dans le couloir. Visiblement quelqu’un travaillait là-haut à déneiger et envoyait de la neige dans le couloir, pile dans le passage des skieurs. Nous regardons les gerbes de neige avec Michka, incrédules.

Je descend d’abord à pied puis sur mon ski restant et nous arrivons rapidement à la gare du Montenvers puis nous retrouvons Géraud et Jon à la voiture.

Finalement plus de peur que de mal. Je m’en sors avec un bon choc à la jambe gauche et pas de perte de matériel. La surfeuse a récupéré sa planche que nous avions déposé au bureau des guides, nous avons appris plus tard qu’elle a tout de même eu 7 points de suture à la jambe (cf commentaire d’Héloïse).

Bilan

Globalement, hormis le fait que des avalanches nous sont tombées dessus, tout le monde a eu de la chance. Moi de m’être arrêté à temps, la surfeuse de ne pas s’être fait recouvrir par l’avalanche, les autres d’être sortis du couloir à temps. Il est temps de tirer les enseignements de cette histoire.

Le suraccident est une réalité

Tout le crédit revient à Jon pour avoir anticipé ça. Dès le début au moment de me dégager, il avait mentionné le risque de coulées secondaires. C’est lui qui a vu partir la seconde coulée, et heureusement parce qu’on ne l’entendait pas arriver. On entend souvent dire qu’une fois qu’une zone avalancheuse a purgé, c’est sécurisé. De toute évidence, c’est faux. Nous avons même entendu un guide dire à ses clients en traversant que « ça n’allait pas partir une seconde fois » alors qu’il venait d’y avoir deux avalanche coup sur coup. De la même façon qu’on enseigne que ce n’est pas parce qu’il y a des traces de passage que c’est sécurisé, ce n’est pas parce qu’il vient d’y avoir une avalanche qu’il ne peut pas y en avoir encore.

Cela pose le problème de l’organisation des secours : pour le cas de deux personnes isolées, si une se fait prendre il n’y a pas assez de main d’œuvre pour faire une recherche de victime et à la fois surveiller les alentours. Cela n’a pas été fait formellement dans notre cas mais s’il y a suffisamment de monde, toujours dédier une voire plusieurs personnes à la surveillance de la zone. Et regarder autour de soi, les personnes qui traversaient le couloir ne sont pas les premières à avoir vu l’avalanche arriver.

Matériel

En hors-piste, je skie toujours avec un ARVA sur moi, une pelle et une sonde dans mon sac. La pelle doit être métallique, une pelle en plastique casse sur des blocs de neige dure. L’ARVA (ou DVA), la pelle et la sonde constituent l’équipement de base dès que l’on sort des zones balisées. En rando comme en hors-piste en station, j’ai cet équipement avec moi.

À partir de maintenant je rajoute à cette liste un casque, à la montée et à la descente. Pas le gros casque de ski de piste, mais plutôt un casque de montagne léger.

D’autres équipements existent pour augmenter ses chances de sortir d’une avalanche : l’AvaLung, qui sert à favoriser la respiration lorsqu’on est enseveli sous la neige. Il faut l’avoir en bouche lorsque l’avalanche part et ne pas se le faire arracher. Il n’aurait été d’aucune utilité dans mon cas puisque je n’aurai pas eu le temps de l’attraper.

Depuis quelques années des sacs « airbag » arrivent sur le marché : ce sont des sacs avec un coussin gonflable servant à protéger le skieur. Là encore, c’est quelque chose qu’il faut déclencher à la main. Je n’aurai pas eu le temps de le faire mais dans le cas la surfeuse, cela lui aurait été d’une grande utilité. Ces sacs coûtent relativement cher (compter environ 700€) mais c’est probablement le prochain investissement que je ferai en matériel de sécurité.

Réactivité et formation

Nous étions formés et opérationels à la recherche ARVA, sensibilisés à la question. Avec Géraud, nous sommes titulaires d’une qualification neige et avalanches (ANENA pour lui, FFME pour moi). Nous avons l’habitude de faire des recherches ARVA, relativement instinctivement. Il est absolument crucial d’être rôdé sur la procédure et la technique de recherche. Il m’est arrivé d’être un peu laxiste en partant sur des itinéraires pour débutants, dorénavant je ne partirai pas sur une course sérieuse sans m’être assuré que la ou les personnes avec qui je skie sont autant capables que moi de retrouver quelqu’un sous la neige.

On trouve vite le temps long dans ces situations : moi à attendre qu’on vienne me dégager, Jon à enlever ses skis et sortir sa pelle, il est important d’être entraîné pour aller vite et que tout ne soit que réflexe.

La course n’est pas terminée tant qu’on est pas de retour à la voiture

Dans notre tête, nous étions rentrés. Le passage du glacier était terminé, la forêt rassure, nous avions clairement relâché l’attention. Ce n’est pas nouveau et l’expérience nous le montre encore une fois, mais une course en montagne n’est pas terminée tant que nous ne sommes pas de retour à la voiture.

Un autre point qui aurait du nous alerter est que nous sommes descendus par un itinéraire sur lequel nous ne connaissions pas les conditions topologiques. En randonnée, on commence par monter à pied et ça permet d’appréhender relativement bien les passages délicats dans lesquels il faudra faire attention à la descente. C’est pour ça que l’héliski est dangereux, et c’est pour ça que le hors-piste en partant d’un téléphérique est dangereux. La randonnée est toute aussi dangereuse (voire plus, un skieur est plus vulnérable à la montée) même si quand une zone ne sent pas bon, on ne la franchit pas : on redescend. Elle permet cependant d’avoir une bonne idée de la topologie du terrain. Mise à jour : un document suggéré par Fabien dans les commentaires préconise les itinéraires en boucle pour éviter les déclenchements par d’autres personnes montant ou descendant sur le même itinéraire. Je maintiens qu’à cet endroit il nous aurait été utile de voir à quoi ressemblait le couloir, mais c’est un cas particulier. Ne pas en faire une généralité, donc.

Mise en danger de la vie d’autrui

Il n’est pas évident d’établir le lien entre ces deux avalanches et la personne qui envoyait de la neige dans le couloir depuis la voie ferrée, 300 mètres au dessus. Peut-être que même sans cela l’avalanche serait partie. Mais il est difficile de ne pas établir de lien de cause à effet. Nous avons signalé cela au bureau des guides et espérons que le message sera transmis à qui de droit. De la même façon qu’on ne jette pas de pierres en montagne l’été (l’hiver non plus d’ailleurs), il semble impensable de jeter de la neige dans un couloir alors que des personnes skient à proximité en dessous.

Mise à jour : une coulée avait recouvert la voie et empêchait le tramway de descendre, et je me suis probablement retrouvé dans cette même coulée. Elle venait donc de plus haut que la voie ferrée, ce qui expliquerait la vitesse et la taille supérieures par rapport à la seconde coulée. Une centaine de touristes étaient bloqués là-haut, d’où le déneigement. La fraise qui travaillait là-haut a fini par casser et les touristes ont été rapatriés en hélicoptère (info Dauphiné Libéré).

Fin

Je termine ce bilan avec une incitation à la prudence : ce n’est vraiment pas une expérience agréable, je vais garder en tête ce nuage de neige qui s’abat sur moi pendant un certain temps. Je vais garder en tête ce sentiment d’impuissance quand on voit quelqu’un se faire trainer par une avalanche, de la même façon que Jon s’est senti impuissant en me voyant me faire mettre au sol par la première coulée.

Posez-vous la question, au départ de chaque sortie, si vous êtes préparé. Si vos coéquipiers sont préparés. Ne relâchez pas l’attention. Méfiez-vous des idées reçues, remettez en question la pensée populaire sur les avalanches. Formez-vous. Soyez prêts à faire demi-tour : s’il y a un doute, il n’y a plus de doute.

J’ai oublié de qui cette citation vient (edit : il s’agit d’André Roch), mais elle décrit très bien la situation : « Expert, l’avalanche ne sait pas que tu es expert ».